D’abord : la carte mentale
Les deux régions de ce portail ne sont reliées par aucune route chilienne. Entre l’Aysén et Magallanes, il y a des champs de glace, des fjords et aucun pont. On passe de l’une à l’autre en avion, en ferry par les canaux, ou en traversant l’Argentine avant de revenir au Chili.
Cela change la façon de construire le voyage : ce n’est pas un parcours du nord au sud en voiture, mais deux circuits reliés par un vol.
- Circuit nord (Aysén) : Coyhaique, Puerto Aysén, la Carretera Austral, le Cerro Castillo, le lac General Carrera.
- Circuit sud (Magallanes) : Punta Arenas, Puerto Natales et Torres del Paine, la Terre de Feu, le canal Beagle.
En avion
C’est la solution raisonnable pour couvrir les longues distances. LATAM, Sky Airline et JetSmart opèrent depuis Santiago et Puerto Montt, et Aerovías DAP assure les lignes courtes de l’extrême sud.
- Balmaceda (BBA), à 55 km de Coyhaique. Plusieurs vols par jour toute l’année.
- Presidente Carlos Ibáñez del Campo (PUQ), à 20 km de Punta Arenas. C’est le grand aéroport du sud.
- Teniente Julio Gallardo (PNT), à 7 km de Puerto Natales. Saisonnier, surtout en été.
- Porvenir et Puerto Williams, en petits avions de DAP depuis Punta Arenas. Peu de places, et des vols soumis au vent.
Deux mises en garde qui épargnent bien des déconvenues : dans l’extrême sud, le vent fait annuler des vols plus souvent qu’on ne s’y attendrait, et la franchise bagages des petits avions est bien inférieure à celle d’un vol commercial. Garder un jour de marge avant un vol international n’a rien d’exagéré.
En bus
Bon marché, confortable et avec une couverture bien plus large qu’il n’y paraît.
- Punta Arenas – Puerto Natales : trois heures, départs presque toutes les heures en saison. Plusieurs compagnies —Buses Fernández, Bus Sur, Buses Pacheco—, et de nombreux services passent par l’aéroport, ce qui évite d’entrer en ville.
- Puerto Natales – Torres del Paine : départs quotidiens en saison, avec entrée par Laguna Amarga et Pudeto.
- Coyhaique – Puerto Aysén : une heure, plusieurs départs par jour.
- Vers l’Argentine : services réguliers vers Río Gallegos, El Calafate, Ushuaia, Comodoro Rivadavia et Esquel.
Hors saison, les fréquences baissent nettement. Mieux vaut vérifier le jour même.
En ferry
Dans cette partie du monde, le bateau n’est pas une promenade : c’est une infrastructure.
- Transbordadora Austral Broom (tabsa.cl) traverse vers Porvenir depuis Punta Arenas —environ deux heures vingt— et exploite le navire *Yaghan* vers Puerto Williams, une trentaine d’heures par les canaux. Elle assure aussi la courte traversée de Primera Angostura.
- Naviera Austral (navieraustral.cl) relie Puerto Montt et Quellón à Puerto Chacabuco, le port de l’Aysén.
- Navimag (navimag.com) assure la longue traversée entre Puerto Montt et Puerto Natales : quatre jours entre les fjords, en passant par le glacier Pío XI et le golfe de Penas.
Toutes dépendent de l’état de la mer et sont suspendues par mauvais temps. Les horaires changent selon la saison : le site de l’opérateur est la seule source qui fasse foi, et mieux vaut le consulter le jour même.
En voiture
C’est ce qui ouvre la Patagonie, surtout dans l’Aysén.
Pour louer, il faut un permis valide, une carte de crédit et, selon le loueur, un permis international si le vôtre n’est pas en alphabet latin. On réserve à l’avance : en janvier et février, à Coyhaique et à Punta Arenas, il ne reste tout simplement plus de voitures.
Sur la route :
- Une grande partie de la Carretera Austral est en gravier. On roule plus lentement que ne le laisse croire la carte, et la roue de secours doit être vraiment en état.
- Faire le plein dans chaque village, même avec un demi-réservoir. Vers le sud, on peut parcourir 200 km sans une pompe, et en Terre de Feu, les rares stations ont des horaires.
- Le vent pousse la portière quand on l’ouvre : on l’ouvre en la retenant.
- Les animaux en liberté sur la route —moutons, guanacos, vaches— sont la cause la plus fréquente d’accident.
Pour passer en Argentine, le loueur doit fournir une autorisation notariée et une assurance valable de l’autre côté. Elle se demande plusieurs jours à l’avance et elle est payante. Sans ces papiers, la douane ne laisse pas passer la voiture.
Transferts et déplacements sur place
- Transferts vers l’aéroport : à Balmaceda et à Punta Arenas, ils partent en fonction de chaque vol et déposent à l’hôtel. Ils se réservent à l’avance.
- Taxis collectifs : ils suivent des itinéraires fixes à l’intérieur des villes et sont le moyen le moins cher de se déplacer.
- À pied : les centres des six villes se parcourent à pied. À Puerto Williams et à Porvenir, le village tout entier.
Les distances à garder en tête
- Coyhaique – Balmaceda : 55 km, 50 minutes.
- Coyhaique – Puerto Aysén : 66 km, 1 heure.
- Coyhaique – Villa Cerro Castillo : 96 km, 1 h 20.
- Punta Arenas – Puerto Natales : 250 km, 3 heures.
- Puerto Natales – Torres del Paine : 112 km, environ 2 heures, jusqu’aux entrées Sarmiento et Laguna Amarga ; 80 km jusqu’au secteur Serrano par la route Y-290.
- Punta Arenas – Fuerte Bulnes : 52 km, 1 heure.
- Porvenir – Parque Pingüino Rey : 105 km de gravier, environ 2 heures.
Vérifié le . Les règles d’entrée, les horaires et les fréquences changent : quand un point dépend de votre situation, vérifiez-le auprès de la source officielle citée en lien dans le texte.
